L’abstention aux élections cantonales

Le 14 mars dernier, le premier tour des dernières élections régionales a été marqué par un taux d’abstention de 53,63%, sans précédent pour un tel scrutin. Les prochaines élections cantonales connaîtront-elles une désaffection équivalente ?

La cause première et ordinaire de l’abstention à chaque élection est la défiance à l’égard du politique. Cette défiance est particulièrement marquée dans un contexte de crise économique. Au-delà, des raisons d’abstention plus particulières marqueront peut-être le scrutin des élections cantonales de mars 2011, notamment dans les zones urbaines :

– Le « découplage » d’avec une élection municipale ou régionale, une première depuis 1998,
– Le « demi-mandat » puisque les candidats ne seront élus que pour trois ans au lieu de six,
– Une méconnaissance du rôle du Conseil Général, une confusion des échelons territoriaux,
– Une moindre notoriété des conseillers généraux que celles des maires et des députés.

La popularité du conseiller général est manifeste dans les zones rurales. A l’inverse dans les grandes villes, il est beaucoup moins bien connu de la population. En zone urbaine, quand il n’est pas maire de sa ville ou député de sa circonscription, le conseiller général ne bénéficie pas d’une couverture médiatique et son élection reste grossièrement la « petite élection ».

Et pourtant ! Les attributions du Conseil Général, en particulier dans l’aide sociale (PMI, RSA, aide aux personnes handicapées et âgées…), l’éducation (gestion matérielle des collèges), la voirie (gestion des routes et des transports), le développement local (aide aux communes et aux associations) sont au plus près des préoccupations quotidiennes des citoyens.

Dans un contexte d’abstention et de dépolitisation, la proximité et le fond dans le projet du candidat sont les clés d’une mobilisation suffisante pour faire basculer le scrutin. La circonscription cantonale est un espace qui se parcourt à pied ; elle met en contact direct le candidat avec les électeurs. Reste à proposer un programme très concret qui réponde aux besoins des habitants.

Paradoxalement, l’abstention peut être l’alliée du candidat le plus proche du terrain, le plus solide et le plus convaincant. En contrepoint, l’abstention permet aussi aux citoyens qui mettent un bulletin dans l’urne d’avoir une voix qui pèse d’autant plus que la participation est faible.

L’élection cantonale dans un climat d’abstention, c’est le rendez-vous des candidats les plus engagés avec les électeurs les plus motivés.

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A propos Pierre-Nicolas BUREL

Délégué Nouveau Centre / #UDI à #Asnières sur Seine. Candidat démocrate en 2008 au conseil général des Hauts-de-Seine sur le canton sud d'Asnières : 17,15%.
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